(INTERVIEW) Rue du Commerce a survécu au Krach Internet : retour sur l’aventure avec Gauthier Picquart
Le 10 mars 2010
Pierrick Fay

Hier pour les besoins d’un sujet sur les 10 ans du Krach internet, je suis allé voir un survivant, le site de commerce en ligne Rue du Commerce. Lors de l’éclatement de la bulle, le 10 mars 2000 (le CAC40 navigait autour des 6500 points et le Nasdaq touchait un record historique à 5048 points), Rue du Commerce en était au tout début. A peine quelques mois d’activité, après la création dans un réduit de moins de 10 mètre carrés le 9 août 1999. A la barre gauthier Picquart, 31 ans et une première expérience réussie dans la création d’entreprise et Patrick Jacquemin, un « vieux », de huit ans son ainé. A l’époque, pas de haut débit, un site qui fonctionne mal un jour sur deux, pas de back office pour la gestion des commandes (il fallait, la nuit, sur un tableau Excell revoir chaque commande prise dans la journée… un truc difficilement imaginable aujourd’hui). Rendez-vous est donc pris avec Gauthier Picquart, toujours aux commandes de Rue du Commerce, alors que son compère Patrick Jacquemin a récemment quitté l’entreprise pour s’adonner à son autre passion, l’écologie (il a participé à son premier Dakar avec une moto hybride fonctionnant à l’essence et à l’eau… il raconte d’ailleurs son aventure sur le blog de Rue du Commerce). Si très vite Rue du Commerce engrange des commandes, grâce notamment à une campagne de pub dans les anciens journaux de Patrick Jacquemin, le krach internet les met à rude épreuve avec une perte de 6 millions d’euros pour l’année 2000. Mais l’émergence du marché du MP3, puis de la photo numérique, permet au groupe de se refaire une santé. Gauthier Picquart s’en souvient.
Picquart : L'aventure Rue du Commerce a commencé par une rencontre
1995/2000 : l’âge d’or des start up… je travaillais à la fin des années 90 au Journal des Finances et je me souviens très bien de l’emballement des marchés pour les Web Agency… Il suffisait alors de prendre une chèvre, de lui acoler .com et hop, on pouvait récolter quelques millions en Bourse ou auprès des fonds de capital risque. Il y avait beaucoup d’argent et finalement peu de possibilité d’investissement… Tout ce qu’il faut pour préparer une bulle. Je me souviens chez Fi System, Valtech des ingénieurs qui passaient plus de temps à regarder les cours de bourse qu’à bosser, je me souviens des cours qui doublaient dans la semaine et des lecteurs indignés qu’on leur conseille de prendre des bénéfices quand le profit dépasse les 150 %. Sur ce point, je vous conseille aussi la lecture aujourd’hui de la double page des Echos consacrée à l’éclatement de la Bulle.
L’argent est la, il dépasse parfois les besoins des entreprises. Les patrons sont jeunes, les employés tout autant… C’est la fête à tous les étages dans certaines start-up. Sans doute moins qu’on ne le dit, mais quelques sociétés sont connus pour ca. Il y a aussi ces sauteries d’un soir où se croisent entrepreneurs en herbe, financier les poches pleines et journalistes, sorte de speed dating du business. la Fête, il n’en est pas vraiment question chez Rue du Commerce…Picquart : l'argent facile mais pas le temps pour la fête
Aujourd’hui, Rue du Commerce, c’est 500 employés, 8 millions de clients, des milliers de produits pour une véritable galerie marchande sur le net, c’est aussi le rachat d’Alapage à France Télécom, mais une valorisation relativement rikiki en Bourse (une cinquantaine de million, à peine un sixième du chiffre d’affaires au 31 mars 2009). Mais Gauthier Picquart est fier du résultat.
Picquart : Fier du résultat

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