Gamme V8 Audi : une journée de rêve à 1840 chevaux…

Mis à jour : Mardi 12 février 2013 à 12h56
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Le V8 de l’Audi RS4 a aussi du mal à entrer entier dans le cadre !

À l’heure où les constructeurs automobiles français en seraient presque à hésiter entre l’électrique et les moteurs trois cylindres, il en est ailleurs dans le monde qui ne se posent pas vraiment la question en ces termes. Non, ceux-là en seraient plutôt à se demander s’il faut un ou deux turbos sur ce moteur V8, histoire de reprendre quelques chevaux à la concurrence. Ces motorisations nobles ont certes presque disparu de nos routes, mais pas des catalogues de ces marques premium ou prestigieuses, qu’elles soient allemandes, américaines, anglaises ou encore italiennes…
Cet essai n’en est pas vraiment un au sens classique du terme, mais relate plutôt un road-trip, voire un relais de 4×100 km au sprint dont la ligne de départ se situerait au pied d’un luxueux hôtel monégasque pour s’arrêter le temps d’un déjeuner sur la Piazzeta, petit port de plaisance du discret mais néanmoins exclusif village de Portofino, avant de revenir à Nice.
Entre les deux, le sinueux ruban noir de l’A10 italienne fait office de piste jusqu’à Gênes, puis après s’être extirpé de l’A12 à Rapallo, les derniers tours de roue sont menés à petite allure, comme un tour de refroidissement, au dessus de la Méditerranée et sous les pins maritimes de la Strada Statale 227, unique route menant à ce luxuriant écrin et qui tient d’ailleurs plus du chemin bitumé que de la départementale, où deux véhicules peinent parfois à se croiser.

Des milliers de chevaux…

Reste à choisir les montures. Pour mener à bien ce relais, les quelques milliers de chevaux vapeurs cumulés de la gamme V8 d’Audi. On ferme les yeux et on écoute… RS4 : 450 chevaux et 86800 euros. RS5 coupé : 450 chevaux et 89800 euros.  S6 : 420 chevaux et 89300 euros. S7 : 420 chevaux et 99600 euros. S8 : 520 chevaux et 130800 euros.

Audi RS4

Notre choix est fait. Modestement (mais si !), nous partirons pour un premier relais chaussés d’une RS4.
La RS4, c’est un peu la voiture idéale. L’auto parfaite. Une allure presque civilisée, de la place pour emmener les mouflets à l’école, faire dix tours de circuits et rentrer peinard à la maison après un détour par le supermarché. Oui, c’est vrai, elle a des épaules légèrement élargies, des boudins un poil plus large que sur une A4 classique et de généreuses canules d’échappement qui trahissent « un petit peu » sa véritable nature. Mais si on y réfléchit bien, ce n’est jamais qu’un break. Et puis c’est la moins chère de  toutes ces machines diaboliques. D’accord, d’accord… Ces argument sonnent faux. Mais on aura essayé.
Le temps de brancher le Wikango (on vous fait un dessin ?) et mettre le moteur à température, nous voici à l’entrée de l’autoroute. Direction l’Italie. Avec un tel engin, difficile de ne pas céder à la tentation de commettre un ou deux « petits » excès de vitesse, mais il faut essayer de se contenir tant bien que mal. On dit bien « essayer », mais le premier réflexe une fois le contact mis étant d’appuyer sur le bouton Sport du système Drive Select, on comprend bien que l’idée n’est pas d’aller cueillir des pâquerettes. Et oui, il faut l’avouer, on baisse les vitres en entrant dans le tunnel, histoire de capter les harmoniques du V8 qui s’éveille.
La RS4  a beau être redoutable d’efficacité, ça n’en fait pas pour autant une auto facile. À son volant, il faut se battre et ne pas hésiter à donner de l’angle pour assurer sa trajectoire en courbe. Mais si l’on y prend garde, elle fait partie des machines à bord desquelles la notion de trafic fluide devient toute relative. Car même si le véhicule situé devant est distant de plusieurs centaines de mètres, on a vite fait de conduire en accordéon… Oui, comment résister au plaisir procuré par autant de puissance d’accélération ? C’est vrai, les autos capables de telles performances ne sont pas rares, mais une fois encore, il faut se rappeler que c’est au volant d’un break familial que nous évoluons… qui n’est toutefois pas le premier du genre. Un jour, il faudra d’ailleurs interroger le gars qui, chez Audi, s’est demandé au début des années 90 comment faire rouler à 260 km/h une 80 Avant. Et tant qu’à faire, trouver la transcription du comité de direction durant lequel l’idée a été validée pour, un beau jour de 1994 et après avoir mené ce projet avec Porsche, donner naissance à la RS2.

Audi S7

Presque trop vite, nous arrivons à la première étape. L’arrivée successive des bestiaux sur-hormonés sur ce parking d’autoroute aiguise les curiosités. Le petit jeu des échanges de conducteurs aussi. Mais nous voici à présent au volant d’une luxueuse S7. Le changement d’univers est notable, d’abord parce que cette S7 est de conception plus récente chez Audi – ce qui se voit donc sur l’instrumentation et les technologies embarquées, ensuite parce que l’A7 est positionnée bien plus haut dans la gamme, entre l’A6 et l’A8, ce qui se sent cette fois sur le carnet de chèque.
Bien que d’une puissance plus modeste, le V8 de la S7 titre tout de même 420 chevaux, mais l’auto peine à abandonner l’univers feutré du prestige pour celui plus turbulent du sport mécanique. Avec une direction plus démultipliée et moins dure, ainsi qu’un amortissement plus doux, cette auto renvoie des sensations moins flatteuses que celles d’une RS4. Plus en ligne avec celles de sa version classique, en fait. Il faut prendre la S7 comme une puissante A7, mais pas comme sa déclinaison sportive. Pour celle-là, on compte plus sur la RS7 prévue cette année et qui sera animée par un V8 biturbo de 4.0 L développant 560 chevaux, le tout capable d’emmener l’auto au delà de 300 km/h…


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3 commentaires

COMMENTAIRES POSTÉS

  1. Excellent, manque juste des images des voitures

  2. c’est un publireportage… non!!!? car le passage avec la quattroporte et celui de la S63 m’a bien fait rire….par sa fausseté absolue

  3. La Maserati est une superbe voiture et le restera sans doute plus longtemps qu’une Audi A8. Nous relatons simplement ici une séquence vécue.
    Quant à la S63, les chiffres parlent et le ressenti aussi. Il n’en demeure pas moins que c’est une très bonne auto, mais elle est beaucoup plus chère qu’une A8 équivalente.

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