Lancia Thema : la gueule en plus !

La Lancia Thema

La Lancia Thema, une pas si nouvelle venue que ça parmi les grandes routières

Chrysler est morte, vive Lancia ! C’est en tout cas le slogan qui pourrait servir à promouvoir la nouvelle Lancia Thema auprès des amoureux de la Chrysler 300C en Europe. Car même en France, ce paquebot (à l’échelle de nos routes) américains avait ses adeptes. Pas moins de 4500 exemplaires vendus chez nous en cinq ans (2004-2009), ce n’est pas si mal pour une auto de ce gabarit.
Il faut dire que cette auto, avec ses faux airs de Bentley Arnage, gavée de cylindres, montée sur grosses roues et suspendue par un élastique a concentré autour d’elle pas mal de tuneurs et rappeurs qui en ont fait une sorte d’icône. De sorte que le challenge de Lancia n’est pas mince puisqu’il s’agit ni plus ni moins de transformer une caisse de rappeur en automobile grande bourgeoise.

Plus de 5 mètres de long (l’auto a pris 10 centimètres dans son saut de génération), une esthétique moins rondouillarde (adieu Bentley Arnage !), une face plus moderne, voire agressive, et ce qu’il faut de baroque pour évoquer quelques Lancia du passé, dont la plus récente d’entre elle s’appelait Thesis (2002-2009) : la Thema 2012 a ses codes stylistiques bien à elle et ne cherche pas à imiter le classicisme allemand. D’une certaine manière, c’est réussi. Dans ce segment difficile où les meilleures places sont déjà prises, mieux vaut chercher à faire autrement.

Pourtant, c’est à l’intérieur que les designers de Lancia ont pu le plus laisser aller leur créativité. En effet, lorsque le groupe Fiat (auquel Lancia appartient) à pris possession de Chrysler, le projet de la nouvelle 300C était déjà bien avancé. L’exercice  a ici consisté à italianiser l’habitacle sans trop lui faire perdre son âme américaine. Car là bas, la Thema continuera bien de se vendre sous le blason de Chrysler. Mission accomplie : la planche de bord, les habillages, les matériaux et le style général n’ont plus grand chose à voir avec celui de la Chrysler précédente mais conservent un style qui ne dépareillerait pas totalement dans une limo. Sans compter que certains organes proviennent directement de la banque Chrysler, tel ce gros volant multifonction qu’on retrouve chez Jeep et également sur le Fiat Freemont (alias Dodge Journey, lire notre essai).
L’équipement de confort n’oublie à peu près rien de ce qui est nécessaire à ce niveau de gamme, sièges ventilés et chauffant compris. On ne peut toutefois s’empêcher de trouver étonnante l’interface d’un GPS portable Garmin mise à l’échelle sur un énorme écran 9 pouces. Les petits bras (et même les grands d’ailleurs), au sens propre du terme, éviteront aussi d’ouvrir en grand (90 degrés !) les immenses portières sous peine de devoir descendre pour pouvoir en attraper la poignée. De même, les habitudes de fabrication américaines ne sont pas encore au niveaux des meilleures allemandes, ce qui se traduit dans les ajustages. Mais rien de tragique cependant. Globalement, l’ensemble présente bien.

L'intérieur de la Lancia Thema

Ambiance raffinée et équipement complet, mais c'était la moindre des choses

Voyons sous le capot à présent. Là aussi, Lancia fait dans l’originalité puisqu’on n’y trouve que des V6, une motorisation en perte de popularité sur le vieux continent. Durant notre essai sur les routes de Camargues, notre V6 3,0 L diesel de 190 chevaux (c’est le « petit » moteur) nous a toutefois surpris par sa sobriété. Annoncée pour une consommation normalisée de 7,2 litres au cent kilomètres parcourus, nous avons réalisé une moyenne de 6,9 litres sans chercher l’économie à tout prix.
Grâce au généreux couple de 440 Nm, la puissance modeste (au regard des 2 tonnes de l’auto) est largement compensée et la conduite s’avère douce avec un sentiment d’en avoir sous le pied pour le cas où il faudrait s’échapper. Notez que la boîte automatique à 5 rapports sera prochainement remplacée par une toute nouvelle transmission ZF à 8 rapports qui devrait permettre à l’auto de gagner encore quelques décilitres de consommation.

L’autre gros atout de cette Lancia, c’est son insonorisation. Tout simplement parfaite. Plancher isolé, vitrage triple couche : rien n’a été épargné pour le confort des oreilles. Plus un bruit parasite n’entre dans l’habitacle.
Quant aux suspensions, un vrai point faible chez les américaines, Lancia les a raffermies pour coller aux standards européens. Si bien que même hors des autoroutes qui demeurent son terrain idéal, l’auto ne donnes pas l’impression d’être trop loin de chez elle.

Reste le prix. Évidemment, dans l’absolu dépenser 43 900 € (prix de base) pour une voiture n’est pas donné à tout le monde. Mais à ce tarif, Lancia est plutôt bien situé, c’est-à-dire très en deçà des allemandes équivalentes et au niveau de premium telles les Volvo S80 et Infiniti M37. La gueule en plus !

 


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