De la première Panda imaginée en 1976 on pourrait penser qu’il ne reste pas grand chose. Pourtant, cette troisième génération (eh oui, seulement !) est bien la digne héritière du projet de Giuggiaro. Petite, fonctionnelle, truffée d’astuce et bien équipée : la Panda n’a oublié aucun de ses gènes en route.
Bien sûr, au fil des ans les formes se sont sensiblement arrondies – chez Fiat, on appelle « carronde » ce mélange de courbures et d’angles droits que l’on trouvait déjà dans le petit ludospace Qubo. Malgré une Fiat 500 qui captait toutes les lumières, la seconde génération a continué à très bien se vendre entre 2003 et aujourd’hui (la Panda est d’ailleurs leader en Europe sur ce segment, dominé en France par la Twingo), ce qui permet à cette nouvelle petite de ne pas arriver en position de challenger mais bel et bien en chef de famille par rapport à toutes les petites qui envahissent le marché depuis quelques mois (lire notamment : Volkswagen Up! : la taille ne compte pas et Kia Picanto : jeune mature).
De précieux centimètres
Si on superpose le dessin de ce modèle au précédent, on constate que l’empattement est resté identique, à 2,30 mètres. En revanche, les porte-à-faux on été agrandis à l’avant et à l’arrière. À ces 11 centimètres rajoutés en longueur on en compte également 6,5 de plus en largeur, gagnés grâce à un élargissement des voies. Le tout se mesure bien sûr à l’intérieur avec une habitabilité légèrement en hausse et un volume de chargement augmenté de près de 40 litres par rapport au modèle précédent une fois les banquettes rabattues. Banquette en place, les 225 litres ne sont de toute façon pas ridicules. C’est d’ailleurs aussi sur les aménagements et rangements intérieurs que se retrouve l’esprit originel, avec notamment ce vaste vide poche situé devant le passager avant auquel s’ajoute à une boîte à gant conventionnelle au niveau des genoux.
En outre, aux quelques centimètres gagnés sur les voies avant et arrières auxquels s’ajoutent de nouvelles suspensions offrent à la Panda un comportement routier amélioré.
Comme dans le modèle originel, petit ne veut pas dire spartiate. La Panda est naturellement plutôt bien équipée et plus on monte en gamme, moins on manque de quoi que ce soit. Même la connectique Bluetooth que l’on trouve encore en option dans de nombreuses auto premium est disponible dès le second niveau de finition et en série sur le haut de gamme. Tout comme ce GPS TomTom adapté qui dispose d’un logiciel spécifique permettant de gérer le système d’éco-conduite eco:Drive (lire : Fiat tire un premier bilan d’eco:Drive) ainsi que de consulter de nombreux paramètres liés au voyage et dont les informations recueillies sont supérieures à celles de moult ordinateurs de bord concurrents. À l’instar de la petite Up! de VW, on pourra même disposer très bientôt d’un système urbain pour prévenir les collisions (malheureusement indisponible lors de notre essai, réalisé dans les environs de Bruxelles).
L’installation à bord ne pose guère de problème. La sellerie est accueillante et suffisamment profonde pour ne pas trop fatiguer le conducteur. Dans l’absolu, si les sièges manquent un peu de maintien latéral à notre goût, on tempèrera ce jugement en rappelant que l’auto est avant tout conçu pour séduire les femmes et pour rouler sur des distances pas trop longues. Mais puisqu’on évoque justement les femmes, étonnons-nous de trouver un volant doté d’une jante très large et paradoxalement peut-être pas très adapté aux petites mimines. Le dessin des branches rend également pénible le maintien des mains en position 9 heures et quart. S’il faut envisager de revoir quelque chose dans cette auto, c’est essentiellement cela.
Deux c’est mieux que quatre
Car pour le reste, il y a peu à lui reprocher. Ses motorisations désormais éprouvées sont parfaitement adaptées à l’auto. À l’offre de base, quatre cylindres essence de 69 chevaux, s’ajoutent deux versions du bi-cylindres TwinAir, 65 et 85 chevaux et un diesel 75 chevaux. Très versatile, notre préférence va au TwinAir 85 chevaux, capable d’assurer en ville et d’emmener l’auto sur des routes plus rapides sans jamais se sentir démuni. Malheureusement, qui dit moins de cylindres ne dit pas prix moins élevé. Ce moteur plus moderne, mais aussi plus coûteux à produire, est pour l’instant placé en position plus haute dans la gamme et facture ses charmes entre 340 € et 1500 € de plus que le modèle quatre cylindres. Mais il demeure toutefois sensiblement moins cher que le diesel qui n’a, sur ce segment, que réellement très peu d’intérêt. De plus, avec 99 grammes de CO2 au kilomètre, il bénéficie d’un bonus de 100 euros à l’achat. Bref, plus performant, plus agréable et moins cher. What else?
La ville est le terrain de jeu préféré de la Panda. L’auto braque dans un trou de souris et bénéficie, comme toutes les petites Fiat, d’une fonction City qui allège davantage la direction en augmentant son assistance. Sur la version TwinAir 85 chevaux, un mode Eco permet de réduire la puissance et le couple disponible afin d’éviter de surconsommer. On l’utilisera également très opportunément en hiver dès que les routes deviennent glissantes afin de réduire le phénomène de patinage à l’accélération.
Cette Panda, troisième du nom, n’est pas à proprement parler une auto aussi innovante que l’était sa grande sœur en 1980, mais cette nouvelle génération la met au niveau d’exigences d’un marché de plus en plus orienté vers ces petites autos confortables et bonnes à tout faire, capables d’extirper de la ville une petite famille le temps d’un week-end. Elle a sur le papier toutes les armes pour se battre.
La Fiat Panda est disponible à partir de 9990 €.

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